Il faut l’avouer, on n’a pas toujours travaillé avec ce type de méthode. On a essayé quelques concepts à travers le temps qui nous convenaient à l’époque et qui reflétaient bien le genre d’énergie qu’on avait. Mais on s’est vite rendu compte qu’il y avait une tendance à s’organiser, à collaborer, à vivre ensemble qui ressortait.

C’était plus que naturel pour nous de travailler en cellules, de coopérer avec les gens aux compétences similaires, de débuter sa carrière avec de plus petits projets sous la supervision d’un membre d’équipe plus expérimenté.

Et c’est là qu’on a réalisé que si on chasse le naturel, il revient vite au galop. Il n’y avait rien d’original à notre méthode. On n’avait qu’à regarder la nature s’organiser à travers nos fenêtres d’Alma ou de Chicoutimi pour réaliser qu’on n’avait rien inventé.

Comme dans la nature…

Comme toute organisation humaine, un bon nombre de nos comportements se trouvent dans la nature. On s’est trouvé en meute avec des passions communes, des buts qui se ressemblent et des aspirations qui font écho les unes aux autres. À travers ce groupe de gens se sont naturellement créés des sous-groupes, des clans qui se rassemblent selon leurs talents, leur expérience et leurs tâches au sein de notre organisation.

Ces cellules sont donc en constante évolution, à la recherche du meilleur d’eux-mêmes et des autres. Leurs membres chercheront évidemment à grandir, à se développer, à s’émanciper individuellement et collectivement à l’intérieur de la meute avec des projets communs et des épreuves qu’ils surmonteront ensemble. Comme une meute en quête de défis, les équipes de travail au sein d’une organisation travaillent chaque jour à réaliser leur plein potentiel et à nourrir leur passion.

Et ces cellules nous rappellent évidemment l’approche fractale dans la nature. Vous connaissez?

C’est en fait un terme qui a été inventé pour parler des objets ou des figures qui sont irrégulières, mais dont les formes se reproduisent à petites échelles. Vous voyez où je m’en vais?

Comme notre équipe, la nature a des feuilles dont les bordures peuvent sembler uniques, irrégulières, particulières. Mais à petite échelle, ces motifs viennent se multiplier et ils se ressemblent davantage. Alors, chez nous on adhère à cette idée que nous sommes tous uniques et différents, mais qu’au fond, nous sommes tous motivés par une source commune : l’amour de notre travail et des autres.

Ainsi, l’approche fractale nous a permis de réfléchir à nos moyens de communication, notre façon de gérer l’entreprise et nos valeurs profondes.

On échange uniquement (ou presque) à l’intérieur de nos clans

Même si la meute est puissante et que son chef détient un titre comme Président, il n’en demeure pas moins que l’approche fractale nous a appris à communiquer uniquement avec des membres de notre cellule.

Comme dans la nature, il n’y a rien comme les connaissances et l’expérience de ceux qui sont du même milieu, de la même trempe, du même genre. Pourquoi demander à un membre d’une autre équipe de nous aider à résoudre notre problème quand nous avons toute l’expertise nécessaire à l’intérieur même de notre clan?

C’est un pourquoi on a d’ailleurs des directeurs à l’intérieur de nos clans : c’est pour mieux faciliter la communication et la gestion ponctuelle des problèmes, pas pour limiter notre capacité à travailler ou à agir de façon autonome.

En fait, si on devait illustrer notre façon de travailler sous l’approche fractale on procéderait ainsi :

Vous avez déjà vu notre triangle dans nos bureaux? Il est parfait pour exprimer la gestion de notre organisation. Parce que chaque équipe occupe un espace dans le triangle et selon leur travail au quotidien, ils devront s’assurer également de répondre à une question au quotidien: pourquoi, comment et quoi.

R1, R2, R3 : comment ça marche?

Évidemment, le président, comme il s’occupe du futur de l’entreprise, devra s’assurer d’avoir une vision à long terme et de la mettre en oeuvre. Il cherche à comprendre le pourquoi de l’entreprise et à lui donner une mission à travers le temps qui rassemblera les gens aux deux autres niveaux.

En R2, on retrouve les clans qui s’occupent du comment. Ils cherchent à voir à moyen-terme les problèmes et les projets arrivés et surtout, ils cherchent à comprendre comment nous arrivons à notre fin. C’est pourquoi ils sont si bien positionnés pour assurer la direction de certains départements.

On retrouve donc en R3, les clans qui sont dans le présent et qui assure la part de réalisation des projets. C’est d’ailleurs la partie la plus solide de l’organisation, ancrée dans l’actualité et dans le concret. Ils sont donc éloignés de la R1, mais c’est grâce à la communication avec la R2 qu’ils pourront arriver à réaliser la vision du PDG.

Et comment ça se traduit au quotidien?

Vous serez peut-être étonné, mais le PDG ne connaît rien de la R1 (ou presque), mais tout le monde connaît la R3 et les raisons qui les motivent chaque jour à mettre tout plein d’amour dans leur travail. Et si on arrive à travailler ainsi c’est que les gens de la même réalité communiquent entre eux.

S’il y a un problème, c’est à travers le même clan ou la même réalité que les solutions vont se trouver et que les bons moyens vont être mis en place afin de permettre à tout le monde de se rendre là où on doit aller.

De cette façon, aucun temps ne se perd et on optimise chaque conversation. Et surtout, chaque réalité est responsable de ses réalisations, de son objectif. Comme ils connaissent bien toutes les informations, les tâches, les projets et qu’ils sont entourés de gens créatifs qui naviguent les mêmes eaux, il est beaucoup plus facile d’innover, de relever des défis et d’atteindre la vision du futur de la R1.

On appelle ça le Lean Communication

Qu’est-ce qu’on entend par là? C’est qu’en échangeant uniquement avec les gens de la même réalité, on essaie de communiquer le plus efficacement possible. On cherche à ne pas se répéter, à ne pas perdre du temps à expliquer un problème à un directeur d’une autre réalité quand notre collègue du même clan connaît déjà la situation et peut nous aider. On essaie d’éliminer les pertes communicationnelles, la surcommunication et on cherche plutôt à transformer nos communications pour qu’elles soient productives, pertinentes et intéressantes pour l’ensemble de la compagnie à long terme.

C’est donc dire que si un processus fonctionnait bien le mois passé, on n’a pas besoin d’une autorisation pour l’utiliser encore. Et si un collègue nous aide à régler un problème, on essaie d’utiliser le contenu de sa réponse pour peut-être créer une petite présentation pour les membres de la même réalité, un article de blogue ou même une petite vidéo! Comme dans la nature, rien ne se perd et tout se transforme.

C’est donc là aussi que l’approche fractale nous rejoint encore une fois

Elle était bien présente lorsqu’on parlait de clans et de cellules, mais elle nous parle aussi quand on cherche à répéter des procédés qui fonctionnent bien dans un nouveau projet : irrégulier, mais semblable à un certain niveau. On cherche donc à multiplier les processus efficaces et les bons coups, à les adapter aux nouveaux défis et comme dans la nature, on transforme les moments uniques en série d’actions productives.

Et ça passe aussi par l’autonomie

C’est dans la récurrence de motifs de l’approche fractale qu’on a découvert que tout cela était possible grâce à nos deux grandes valeurs : l’autonomie et la liberté. Si on arrive à tout faire avec amour, c’est qu’on a l’espace pour le faire.

Peu importe la réalité, l’approche fractale nous donne l’espace nécessaire pour apprendre, comprendre, grandir et transformer nos processus à chaque jour. Et c’est à travers un environnement contrôlé, doté d’une équipe compétente et de nombreuses ressources que chacun est libre d’expérimenter, de développer ses compétences, de résoudre les problèmes de la façon qu’il croit être le plus productif et de faire des erreurs pour mieux innover.

C’est de cette façon qu’on s’inspire de la nature pour chaque jour réussir à répondre aux besoins de notre équipe, mais aussi de nos clients. En trouvant la réponse à nos questions en regardant à travers nos fenêtres, que ce soit à Chicoutimi ou à Alma, on puise dans une ressource qui est millénaire et qui ne finit jamais de nous étonner.