Après les journaux, les livres et la musique, voilà que l’éducation fait aussi son entrée dans la révolution numérique en devenant accessible en ligne. Les MOOC (Massive Open Online Courses) sont la nouvelle façon de transmettre le savoir et d’y avoir accès. Depuis 2012, de prestigieuses universités comme Harvard ou le MIT (Massassuchets Institute of Technology) permettent au grand public de suivre certains de leur cours en ligne tout à fait gratuitement. Même si ces cours ne mènent pas à l’obtention d’un diplôme reconnu, se prévaloir d’un enseignement de calibre universitaire en ligne répond aux besoins de beaucoup de gens.

Confortablement installé dans votre salon ou dans un petit café, vous pouvez désormais apprendre sur l’exobiologie, la psychologie, les fondements de la micro-économie, la physique quantique, etc. Presque toutes les disciplines sont disponibles. C’est grâce aux aux efforts concertés de plusieurs dizaines d’universités de tous les continents que l’offre de MOOC a littéralement explosé depuis deux ans malgré les coûts importants reliés à la conception d’un cours (entre 15 000 et 100 000 USD).

courseraTrois grandes plateformes offrent des MOOC, soit Coursera, Udacity et edX. Seulement pour Coursera, c’est plus de 20 millions d’inscriptions depuis leur début en 2012. Les étudiants inscrits proviennent de tous les milieux ce qui a pour effet de créer des groupes très hétérogènes. Bien sûr, l’anglais est la langue employée pour la majorité des cours, mais les universités francophones percent peu à peu le marché. edX_Logo_Col_RGB_FINAL-300x199D’ailleurs, HEC Montréal a mis en ligne sa propre plateforme, Edulib, et offre maintenant plusieurs cours tels que : «Introduction au marketing», «Gestion des conflits» et «L’esprit entrepreneurial». Depuis leur lancement, ils ont attiré près de 15 000 personnes provenant de 150 pays.

Orienter sa carrière grâce aux MOOC

Pour plusieurs personnes, les MOOC représentent une façon de tester ou de valider leur intérêt pour une discipline avant de s’orienter vers un programme d’étude. En effet, le nombre de cours d’introduction ne manque pas et la plupart ne nécessitent pas de connaissances préalables. Conçus dans le but de rejoindre le plus grand nombre de gens, les MOOC permettent aux étudiants d’essayer des domaines et de faire un choix de carrière plus éclairé. Éventuellement, les cours en ligne peuvent éviter aux étudiants de supporter les coûts reliés aux changements de programme.

Se perfectionner sur le Web

edulib-logoPour ceux déjà sur le marché du travail, des MOOC plus spécialisés représentent une solution de formation continue. Quelqu’un peut actualiser ses connaissances ou acquérir de nouvelles notions qui vont répondre aux besoins d’un employeur et ainsi augmenter sa valeur concurrentielle sur le marché de l’emploi. La plupart des universités qui dispensent des cours sur les plateformes d’éducation en ligne permettent aux étudiants de payer pour obtenir une certification authentifiée qui prouve qu’ils ont satisfait aux exigences du cours. Les employeurs reconnaissent de plus en plus ce type de formation qui est tout aussi valable en terme d’apprentissage que l’enseignement classique.

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La mauvaise note des MOOC

Le côté moins reluisant du phénomène des MOOC est son faible de taux de complétion. Bien que suivre un cours dans le confort de son salon semble être la situation idéale, sachez que pour la plupart des gens, la discipline et la motivation viennent souvent à manquer en cours de route. En effet, malgré leur popularité croissante, le taux de complétion des MOOC n’atteint même pas 10%.

L’enseignement pour tous

Le but des promoteurs des MOOC, c’est de rendre l’éducation accessible pour tous, notamment pour les pays en voie de développement. Il suffit d’un accès à Internet pour participer aux cours en ligne. Au Forum Économique Mondial de Davos en janvier 2013, une jeune pakistanaise de 12 ans était invitée à parler de son expérience d’apprentissage en ligne. Elle racontait notamment que le cours d’intelligence artificielle donné par l’université de Standford (Californie) ainsi que celui sur l’astronomie donné par l’université de Duke (Caroline du Nord) lui permettaient de prendre de l’avance dans ses études pour devenir physicienne.

Avec cet exemple, on ne peut que s’interroger sur la portée et la répercussion des MOOC à l’échelle mondiale, à moyen et long terme. À quoi peut-on s’attendre pour les prochaines années avec la mondialisation et la démocratisation de l’éducation supérieure? Pourra-t-on un jour obtenir un diplôme en ligne? Bien que l’enseignement en ligne suscite un vif intérêt et que le mouvement prend de l’ampleur, il est encore trop tôt pour définir tout son potentiel. Chose certaine, le débat qui oppose les instigateurs de l’enseignement en ligne aux gardiens de l’enseignement classique risque d’être fort intéressant.

Sources: Coursera, Université de Sherbrooke, Huffington Post, L’actualité, HEC Montréal, Courant Positif, Preau, Udacity, edX