« Cela prend 20 ans pour bâtir une réputation et 5 minutes pour la détruire. Si vous y pensez, vous réfléchirez différemment. » Warren Buffet

De la cour d’école à la machine à café du bureau, les rumeurs, opinions et autres faits divers que l’on se plaît à partager font partie du quotidien depuis toujours. Notre idée sur la situation politique, notre mépris d’une personnalité publique, notre jugement sur les valeurs d’une marque; des propos parfois inoffensifs, parfois incisifs qui, il y a encore quelques années, demeuraient bien au chaud dans la confidentialité de notre entourage.

Or, les temps changent puisqu’on s’exprime désormais en plus grand que nature. En effet, blogs, médias sociaux, forums et autres plates-formes ouvrent tout grand le canal des communications pour qui veut bien être lu ou entendu. C’est chouette d’avoir des gens qui nous portent attention, qui commentent et renchérissent sur notre contenu. Tellement que parfois on s’emporte. Un statut est si vite rédigé, un tweet si vite envoyé, une photo si vite publiée.

Mais si vos actions en ligne avaient une incidence sur votre image et votre réputation?

En tant qu’individu sur le web, qui suis-je?

Soyons honnêtes, on a tous déjà « googlisé » notre nom! Qu’est-ce qui se dit à mon sujet? Qu’est-ce que Google révèle de moi au monde entier? On le fait souvent par simple curiosité, mais imaginez maintenant qu’un éventuel employeur, un client ou même une nouvelle connaissance procède aussi à ses petites vérifications, histoire de se faire une idée de qui vous êtes.

L’ensemble des traces numériques que vous laissez dans le cadre de votre présence sur le web constitue votre identité numérique. Vous êtes quelqu’un dans le monde réel, mais vos actions, publications et interactions sur Internet parlent aussi et parfois même davantage que d’autres réalisations, d’où l’importance de soigner sa réputation en ligne.

Votre e-réputation en tant qu’individu peut rapidement porter atteinte à votre réputation professionnelle. Un journaliste qui tweete une opinion déplacée sur une personnalité, un dirigeant d’entreprise qui soulève des allégations douteuses sur Facebook, de vieilles photos ou une vidéo compromettante qui refont surface, tout ce qui est sur le web laisse des traces. Bien sûr, vous pouvez supprimer un statut ou une publication embarrassante, mais les internautes ont la saisie d’écran rapide et lorsque la viralité du web se met de la partie, il peut devenir difficile de contrôler les dommages. L’idée ici n’est pas de se censurer, mais bien de prendre conscience de cette réalité. Vous êtes peut-être connu pour vos idées bien arrêtées ou votre humour déjanté, mais pouvez-vous assumer et défendre tout ce que vous publiez sur votre blog ou sur les médias sociaux, peu importe qui vous lira? Pourrez-vous toujours cautionner vos propos dans un mois ou dans un an? Devant votre employeur ou un client?

Il est facile d’oublier la portée de nos actions lorsqu’on est chez-soi, devant notre écran, mais comme on dit qu’on devrait tourner sa langue sept fois avant de parler, il peut aussi parfois être bon de tourner ses doigts sept fois… avant de publier!

En tant que marque ou entreprise sur le web, qui sommes-nous?

Pour les entreprises et les marques qui ont une présence en ligne, la notion d’e-réputation revêt une importance capitale. Quand on sait que l’avis et la recommandation des pairs priment maintenant sur les publicités ou le discours officiel des entreprises, il devient clair que celles-ci ont tout intérêt à faire bonne figure dans les règles de l’art du 2.0.

Avant de se précipiter en ligne, il importe de s’assurer que le terrain ne nous est pas hostile (certaines entreprises l’ont appris à leurs dépens dont Nestlé et McDonald’s). Une veille s’impose afin de prendre le pouls de notre réputation. Qu’est-ce qu’on pense de nous, qu’est-ce qui se dit? Notre marque peut-elle compter sur des défendeurs ou doit-elle faire face à des détracteurs?  Soyez à l’écoute, il est toujours plus facile de planifier que de devoir faire face à une crise. La veille est une étape cruciale et devrait idéalement se poursuivre en tout temps, ce qui peut se faire facilement grâce à des outils facile d’utilisation qui sont disponibles gratuitement pour la plupart.

Pour mesurer votre présence ou votre influence en ligne: Youseemii et Klout

Pour recevoir par courriel des alertes aux mentions de votre nom: Google Alerts et Alerti

Pour suivre et analyser en temps réel: Social Mention et Topsy

Pour suivre une conversation, une expression: les outils recherche  ou recherche avancée de Twitter

L’entreprise qui choisit d’assurer une présence en ligne avec un blog ou les médias sociaux doit envisager le tout à long terme et se montrer ouverte et transparente, pour le meilleur et pour le pire. Les commentaires et critiques viendront probablement à un moment ou un autre, mais qui de mieux que vous pourrait y répondre? Dans ce cas, n’oubliez jamais que c’est la marque qui parle, soyez cohérent et posé dans vos réponses et votre message. Il est aussi important de rallier toute votre équipe dans l’aventure, informez-les, conscientisez-les sur l’importance d’avoir une bonne image en ligne. C’est votre chance de créer un lien avec vos clients, d’échanger et de les écouter. Vous pouvez identifier les influenceurs de votre secteur : y a-t-il des médias spécialisés ou des blogueurs qui évoluent votre domaine? Suivez-les, échangez avec eux et créez des liens. Ces personnes peuvent devenir des ambassadeurs naturels pour vous. Il n’y a pas de recette miracle, mais avant tout, soyez vrai et transparent. Mieux vaut oublier votre discours de vente habituel pour être davantage imaginatif, humain et à l’écoute de ce qui se dit.

Aide-mémoire pour soigner son e-réputation

Ne vous laissez pas décourager par ce que peut impliquer une présence en ligne. Il faut commencer par le début: acheter vos noms de domaines (et même ceux qui pourraient éventuellement vous nuire), créer vos pages et vos profils sur les médias sociaux, prendre possession de votre image. Entourez-vous, écoutez, explorez et trouvez votre place. Parce que si vous ne le faites pas, quelqu’un d’autre le fera pour vous, mais peut-être à votre plus grand détriment. Et surtout parce que personne ne sait mieux que vous ce que vous avez à raconter, à créer et à partager…

« Votre marque n’est pas ce que vous en dites, mais ce que Google en dit. » Chris Anderson, magazine Wired

Ne l’oublions jamais!  😉