Et voilà. C’est parti. Au cours des prochaines semaines, partout au Québec, nous nous ferons tous répéter que ce sont nos intérêts qui comptent. Vous l’aurez certainement deviné, ici, je fais allusion aux nombreuses courses à la mairie qui se dérouleront dans plus de 1100 municipalités. Évidemment, la plupart des candidats se prêteront aux traditionnels exercices du porte à porte et de la poignée de main mais qu’en est-il de leur présence sur le web? Et surtout, est-ce un facteur qui pourrait vous influencer dans votre choix électoral?

On le sait, à la différence des campagnes électorales au niveau provincial et fédéral, la plupart des candidats à la mairie ne peuvent pas compter sur une machine bien établie comme par exemple, le Parti québécois ou le Parti libéral. Et même là, si l’on prend pour exemple le dernier scrutin provincial, disons-le, hormis la stratégie web du parti Option Nationale, nous n’avons pas eu droit à du gros bling-bling cyber-électoral. Bon nombre de partis se sont contentés d’un site où on y répertoriait les candidats et où on y présentait les grandes lignes de l’organisation. Mais en ce qui a trait à l’interaction, rendons à JMA et à sa consultante Nellie Brière ce qui leur revient, c’est Option Nationale qui a le mieux exploité les possibilités du web. À titre d’exemple, on n’a qu’à penser au fameux débat en flux continu donné en réponse au débat télévisé dont avait été exclu Jean-Martin Aussant.

Bien entendu, cette utilisation au goût du jour du web par Option nationale n’aura pas suffi afin de remporter des sièges à l’Assemblée nationale auprès du parti mais on en retirera un fait indéniable : en adoptant une telle stratégie, le parti a su rallier une catégorie d’électeurs se sentant exclus du processus électoral.

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Mais revenons maintenant à l’actuel scrutin municipal. Qu’en est-il des candidats à la mairie de votre municipalité? Ont-ils décidé de réserver un volet web à leur campagne? Et si oui, de quel nature est-il? Vous offre-t-on un site simplement informatif? Avez-vous la chance de pouvoir interagir?

Dans un monde idéal, vous devriez pouvoir répondre par l’affirmative à la dernière question. Car rappelez-vous que l’un des principes fondamentaux de la démocratie est de pouvoir répondre aux attentes de la population. En 2013, il est désormais inacceptable de nier l’importance du web en tant que système de communication.

Bien que les candidats puissent compter sur les plate-formes médiatiques traditionnels comme la radio, la télé (un tout petit peu quand même compte tenu du temps d’antenne réservé à l’information locale) ou les journaux afin de livrer leur message, ces médiums sont à sens unique. On communique donc des informations aux intéressés et ça se termine là. La magie du web, c’est que non seulement on peut y livrer son message, mais en plus, il est possible de le livrer tel qu’on le désire. On peut donc échapper à la tyrannie de la clip de 5 secondes qui résumera tout un programme et ainsi mettre l’accent sur les points que l’on juge pertinents.

Mais au-delà de tout ça, la magie du web prend tout son sens dans l’interactivité. Un candidat qui se servira d’une tribune tel qu’une page Facebook afin de présenter un point de son programme électoral, pourra instantanément profiter d’un retour de la part des électeurs. En admettant qu’un de ses points soient mal reçu par une bonne partie de l’électorat, le candidat peut alors saisir l’occasion d’échanger avec la population afin d’identifier les irritants de sa proposition et du coup, ajuster le tir en fonction des besoins de l’électorat et bien entendu, aussi dans son propre intérêt. Dans le même ordre d’idées, une idée bien accueillie par l’électorat ne peut que s’en retrouver bonifiée suite à un échange.

On en conviendra, il serait tout à fait absurde de baser son choix électoral en fonction seulement de la stratégie web adoptée par un candidat. Malgré les impressions qui peuvent parfois se dégager de certaines campagnes électorales, un scrutin n’est pas un concours de popularité. Or, l’inverse est bien loin d’être faux. Que penser d’un candidat à la mairie qui ne prend aucunement compte de l’importance du web? Gardez à l’esprit que cet individu demande à la population le mandat de diriger la ville que vous habitez et d’assurer son développement pour les quatre prochaines années. Par son absence du web, ce dernier laisse entendre que ce médium n’est qu’une option. Pour le côté visionnaire, on repassera.

De plus, peut-on présumer d’un candidat faisant fi du web qu’il ne désire tout simplement pas affronter la population quant à ses idées? Car c’est là un des pièges du web. Oui, le web est un outil de promotion exceptionnel mais (et ici, je paraphrase l’oncle d’un certain Peter Parker) son pouvoir implique de grandes responsabilités. Quiconque vous défiera sur vos idées ne pourra pas rester sans réponse. Quant aux réponses qu’un candidat fournira, celles-ci pourront donner vie à bien d’autres questions.

Alors, vos candidats à la mairie se servent-ils du web? Et si oui, jugez-vous que leur façon de s’en servir est satisfaisante pour vous en tant qu’électeurs? Est-ce là un facteur pouvant influencer votre choix lors du scrutin?

Je serais très curieux de connaître votre avis à ce sujet. Et n’oubliez surtout pas d’aller voter le 3 novembre prochain. Ça, c’est de l’interaction au maximum!

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