Comme je prône le numérique sur une foule de plates-formes et que c’est l’essence même de mon entreprise, on me demande souvent de parler des nouveaux outils qui arrivent sur le marché. Quels sont les plus performants? Lesquels j’utilise dans mon entreprise? Quels sont les plus utiles à avoir pour un type de problème?

Mais en toute honnêteté, il faut que j’avoue qu’il y a un outil qui surpasse de loin tous les autres pour moi : le cerveau. Oui, le numérique peut nous aider. Non, la technologie ne peut pas encore remplacer notre cerveau.

Parce qu’il est un outil unique, propre à chacun, rempli de nos apprentissages et de nos expériences personnelles et qu’il ne nous fait jamais défaut… surtout quand on manque d’Internet. Et sans lui, on ne saurait quoi faire de toutes ces innovations.

Alors pourquoi ne pas l’entraîner? Le mettre au défi? L’aider à mieux travailler? J’ai découvert au fil de mes lectures que le cerveau pouvait faire une foule de choses et qu’on est tous capables d’être des génies. Il suffit seulement de changer notre méthode de travail avec un tel outil.

Oui, il est possible de changer sa façon de travailler avec son cerveau

On pense souvent à tort que le cerveau est un outil figé qui nous offre en tout temps la meilleure façon de travailler avec lui. Comme si nous n’avions aucun contrôle sur lui ou sur notre façon de l’utiliser. Or, selon les contextes, les demandes et mêmes les situations, il se peut que l’on ne l’utilise pas comme il se doit ou à sa pleine capacité!

C’est que le cerveau est comme un muscle, un outil et tout comme une main cherchant à prendre un objet, notre cerveau a différentes façons de réaliser une seule tâche. Si on veut attraper une balle au vol, on peut utiliser tous les doigts de la main, uniquement le pouce et l’index, ou carrément juste la paume et vous savez pertinemment que certaines de ces façons seront plus appropriées ou carrément inefficaces.

Alors pourquoi utiliser notre cerveau toujours de la même façon?

C’est qu’Adriss Aberkane tente de nous expliquer avec son livre Libérez votre cerveau. Ce qu’il nous enseigne, c’est que notre cerveau est un outil plus puissant qu’on ne le pense puisqu’il peut être utilisé de nouvelles façons.

On parle constamment de productivité et d’efficacité dans le monde d’aujourd’hui et pour y arriver, on se tourne plus souvent qu’autrement vers des outils numériques comme le dernier Apple ou la nouvelle application de gestion de temps.

Or, on a rarement le même réflexe avec le cerveau. Et si on tentait d’actualiser nos méthodes, de changer nos façons de faire, d’être plus efficace avec notre outil le plus puissant?

Pour y arriver, il faut d’abord comprendre comment le cerveau fonctionne

Plusieurs études en neurosciences démontrent que nous avons différentes manières de stimuler notre mémoire. Comment? En fait, il faut d’abord savoir que la mémoire se décline en plusieurs types comme la mémoire de travail, la mémoire spatiale, la mémoire épisodique et même mémoire émotionnelle.

La mémoire de travail, elle, se situe au niveau de notre lobe frontal et fonctionne plutôt en demandant de la concentration pour des blocs de 10 à 15 secondes. Ainsi, elle est parfaite pour exécuter des tâches et rayer des éléments de notre « to-do list ».

Par contre, elle n’est peut-être pas idéale pour acquérir des connaissances. C’est un peu comme quand quelqu’un nous demande de l’écouter raconter une histoire et qu’il nous interroge ensuite sur les détails de celle-ci. Notre cerveau, alors en mode mémoire de travail, n’était pas préparé et ni dans la bonne disposition pour répondre à de telles questions.

C’est pourquoi il faut, pour acquérir des connaissances, stimuler notre mémoire différemment en utilisant notre mémoire émotionnelle, notre mémoire spatiale ou notre mémoire épisodique. Elles se retrouvent plutôt dans le cortex cérébral qui est l’endroit où l’on calcule d’incroyables équations mathématiques à la seconde de façon à nous garder en équilibre et à stabiliser nos organes vitaux.

Le cerveau est assez génial, non?

Alors pour acquérir des connaissances, arriver à apprivoiser des savoirs, il faut chercher à les utiliser. La mémoire épisodique fera plutôt référence à notre façon de se souvenir de quelque chose par rapport à la date, le lieu et même notre état émotionnel. C’est un peu grâce à elle que l’on se souvient d’où l’on vient.

Pour sa part, la mémoire émotionnelle fait beaucoup plus référence à notre façon de nous souvenir de nos émotions passées. Un peu comme un acteur qui applique la méthode de l’Actor Studio, la mémoire émotionnelle nous permet de nous replacer dans un état précis lié à des événements de notre vie.

Alors que la mémoire spatiale fait évidemment référence à notre capacité d’associer des lieux et des idées. Non seulement la mémoire spatiale nous permet de se souvenir d’un concept si on l’a associé avec un espace, mais elle sert à créer toutes sortes de liens.

Comment l’appliquer au quotidien?

Ainsi, pour arriver à stimuler notre cortex cérébral lorsque l’on travaille à assimiler des connaissances, on peut penser à stimuler plusieurs sens en même temps. On peut également changer notre environnement pour faire appel à la mémoire spatiale et on peut même utiliser la répétition pour solidifier nos apprentissages.

Par exemple, si on décide d’apprendre une nouvelle langue, on peut s’enregistrer lorsqu’on lit à voix haute une liste de mots et ensuite s’écouter en lisant la feuille. On répète l’exercice tous les matins pendant 5 minutes dans la cuisine, 5 autres minutes sur l’heure du dîner au bureau et une autre session le soir dans un café sur une période de 5 jours.

Lorsqu’on lit un livre, on peut également écouter le livre audio à une vitesse plus rapide tout en lisant le livre. En stimulant à la fois l’ouïe et la vision, on arrive à retenir plus rapidement l’information du livre et à s’en souvenir plus facilement puisqu’on stimule notre cortex cérébral.

C’est donc dire qu’en stimulant plusieurs sens à la fois, en changeant d’espace, en associant nos souvenirs à des espaces ou des moments et en travaillant notre mémoire avec une différente approche, il peut être plus facile de mémoriser la connaissance.